Voici l'épopée de Carla écrite par Sophie en 1986

 

J'ai renconté Carla dans un manège de la Côte Belge, où ma soeur et moi montions à cheval. C'était en novembre 1979, elle avait environ 6 mois et passait avec peine la tête au-dessus de la porte de son box. Elle et sa mère, Tania, sont alors parties pendant deux ans chez leur propriétaire. Puis elles sont revenues et ont été vendues au club. Nous n'allions à la mer que les week-ends d'hiver, et j'ai monté Tania puis sa fille en reprise.

de gauche à droite :

Michèle (ma soeur) Carla et moi en 1979

L'hiver 82-83, Carla et moi avons débuté et peu à peu progressé, en dressage comme en obstacle. Elle travaillait très bien pour un cheval qui ne devait que promener des touristes pendant les vacances ! Nous nous entendions à merveille. J'ai fait ma première balade avec elle par hasard : j'ai trouvé Carla seule sur la plage, qui avait débarqué sa cavalière. Cette dernière, blessée, ne pouvait remonter à cheval, et j'ai ramené Carla au manège.

Sans avenir

L'hiver suivant, je suis allée régulièrement en promenade avec Carla. Je l'adorais et voyais avec tristesse approcher la fin de l'hiver car je ne verrais pas la jument pendant plusieurs mois. Le dernier week-end, le propriétaire du manège a essayé de persuader mes parents d'acheter Carla, mais il n'a pas réussi; ils pensaient qu'il serait impossible de l'entretenir, de la voir chaque jour (nous habitions Bruxelles et, s'il y a bien quelques manèges en ville, les prix de pension atteignent le double de ceux de la grande périphérie).

En septembre 1984, j'ai téléphoné au manège pour prendre des nouvelles de Carla. Des inconnus m'ont répondu qu'ils étaient les nouveaux propriétaires, après la faillite des précédents. Ils avaient racheté quelques chevaux, mais Carla n'en faisait pas partie. Nous avons alors compris pourquoi l'ex-propriétaire avait voulu nous vendre Carla. J'ai contacté ce dernier qui m'a appris qu'il possédait toujours Carla; elle était en prairie et se portait très bien, à part une blessure au garrot provoquée par une selle qui tournait. Elle est restée dehors jusqu'à la fin du mois d'octobre, puis a atterri dans un manège où elle partageait le box d'une pouliche d'un an et demi. Le "box" : une corde servait de porte, une épaisse couche de crottin moisissait sous ses pieds. J'ai souvent dû compléter leur maigre ordinaire avec un ballot de paille ou un seau de nourriture ... La blessure de Carla au garrot s'est enflammée et la jument n'était pas soignée; elle aurait dû payer son "box" mais n'était pas montée vu l'état de son dos.

Le dernier week-end de cette hiver-là, je n'ai pas trouvé Carla dans son box. Son propriétaire l'avait cédée à un maquignon qui amenait ses "invendus" à Bruxelles, le vendredi matin, au marché aux chevaux à Anderlecht. Craignant pour elle l'abattoir, car personne ne l'aurait achetée sans la connaître, nous sommes allés l'après-midi même chez le marchand et avons acheté Carla.

Un an plus tard, elle est méconnaissable.
Carla et moi en mai 1986
Elle a doublé de volume, sa blessure au garrot est cicatrisée, le kyste étant presque entièrement résorbé, bref elle a 7 ans, est splendide, et peut se rassurer sur son avenir : je ne l'abandonnerai plus jamais !

Sophie 1986

Paru dans le "Cheval Magazine" de Juillet 1986 (sans les photos)

Et l'histoire de Carla ne se termine pas là (heureusement d'ailleurs :o) ...

Vers le milieu des années 90, Sophie et Michel s’installèrent a proximité de Namur et avaient suffisamment de place chez eux pour accueillir Carla. Une écurie privée a donc été constituée. Etant donné qu’on ne laisse pas un cheval seul, Sophie et Michel ont décidés d’adopter Bella.

Voilà Carla et Bella installées dans le futur Centre Hippogériatrique.

Au début des années 2000, Carla semblait souffrir d’un mal difficilement explicable. Elle avait des attitudes qu’elle n’avait pas au par avant (comme par exemple, uriner au beau milieu d’une ballade ou encore, se tenir campé durant des moments relativement long).

Après examen médical, un calcul vésical avait été diagnostiqué. Il fallait à tout prix débarrassé Carla de ce méchant caillou.

Le docteur vétérinaire qui la soignait à ce moment là (vétérinaire actuellement professeur à l’université vétérinaire de Liège) se chargea de l’opération.

Opération qui ne fut pas si simple car il a fallu extraire le calcul par les voies naturelles. Et alors me diriez-vous … mais, il faut dire que ce fameux calcul pesait près de 300 gr et était identique à la taille d'un œuf d’oie et en plus la paroi était semblable à du papier de verre.

Malgré toutes les précautions qu’avec prit le docteur, Carla gardera des séquelles du style « semi incontinence ainsi qu’un libre accès aux bactérie vis-à-vis de l’appareil urinaire ». Ceci dit, Carla semble ne plus souffrir de ses problèmes.

 

Dernièrement (janvier 2010), Carla montrait des signes inquiétants. Elle ne voulait plus manger et semblait fortement abattue. Ses problèmes d’incontinence se montraient plus important qu’avant. Que fait-on dans ces cas là, … on appel le vétérinaire. Une prise de sang a été prélevée et nous a révélée que le taux de créatinine était nettement au dessus des normes. Un séjour en clinique lui a été prescrit. Là, on a découvert qu’un rein (le gauche) était recouvert de pus et on nous a dit qu’il fallait soigner ça par une prise d’antibiotique. Pour savoir qu’elle antibiotique conviendrait, il fallait lui prescrire un antibiogramme dont on ne saura les résultats que 3 à 4 jours plus tard. En attendant, Carla était coincée dans son box avec une perfusion suspendue au dessus d’elle. Le premier jour un cathéter était implanté dans la jugulaire gauche mais une phlébite  se dévoila après 48 heures. Alors, il a fallu la repiquer à droite mais une phlébite est apparue après 24 heures. Dans ces conditions, une implantation par voie nasale fut décidée. Le problème, c’est qu’en se frottant aux barreaux de son box, Carla sortait le tube de son nez. La décision de laisser un étudiant constamment sur place avait été ordonnée. Le problème est qu’a chaque fois que nous allions rendre visite à Carla, il n’y avait personne à côté d’elle. 

Enfin, un antibiotique correspondant à la pathologie de Carla avait été trouvé (le Marbocyl® 10%). Il fallait encore tenir Carla plusieurs jours en observation et si le taux de créatinine était revenus à la normale, elle pourra rentré chez elle.

Le retour à la maison se fit quelques jours plus tard.

2 semaines

Carla a tenu le coup 2 semaines à la maison avant de rechuter. Mais il y a dans cette rechute des hauts et des bas. Par moment, quand on regardait Carla, on aurait jamais dit que cette jument avait 31 ans tellement elle semblait en pleine forme.

Malheureusement, le Marbocyl® 10% ne fait pas totalement son effet. Une analyse d’urine a été faite et là on remarque que les mictions ne sont pas faites d’urine mais de pus (et j’exagère à peine).

Il nous reste deux solutions  

  1. L’antibiogramme nous déniche un antibiotique qui puisse combattre ses f... bactéries.
  2. La néphrectomie (réalisable à la clinique de Asse/Ternat) mais chez un cheval de 31 ans, c’est un risque (mais de toutes façon, le risque est situé entre la mort ou l’euthanasie).

 

La suite sera écrite ici bientôt.

6 mois se sont passés depuis et la rechute nous est tombé dessus (enfin, plutôt sur Carla).

Tous les antibiotiques qui lui ont été prescrit se sont révèlés inefficace après seulement quelques jours.  Plus aucune pathologie n'est valable. Là (et heureusement), d'après les dire des vétérinaires, elle ne souffre pas et est simplement amorphe. Ceci dit, si on laisse continuer la dégénérescence rénal, la douleur apparaîtra et il faudra donc prendre un décision avant que celle-ci n'arrive. 

Michel le 28/02/10

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